"Music is the cup that holds the wine of silence. Sound is that cup, but empty. Noise is that cup, but broken.”

Robert Fripp


18/09/2017

Les nuits électriques

 

"Les nuits électriques" est un film réalisé en 1928 par le réalisateur ukrainien Levhen Slavchenko Eugéne Deslaw (1898-1966), figure incontournable du cinéma français d'avant-garde. Il était un ami de Luigi Russolo qui joua en direct sur ses films avec le Rumorharmonium

" Le film " à acteurs " ne me tente absolument pas. J'estime que la nuit moderne, peuplée de lumières étranges et chantantes, la nuit moderne qui ne ressemble vraiment à aucune autre nuit de l'histoire, est photogénique autant, plus encore que le visage d'une belle femme... Je ne travaillais pas selon un scénario préconçu. Je sortais le soir avec beaucoup de foi et mon petit appareil que tout le monde prenait pour un simple appareil photographique. Je me perdais dans la mer, dans la nuit, dans la foule. Je chassais les images comme on chasse des oiseaux. Des vagues sonores déferlaient. Le miracle venait à pas rapides, haletant. Je le saisissais confusément et l'enfermais dans ma boîte." Eugéne Deslaw


 
Théo Martelet de l'atelier Nautilus de l'école Faverges a réalisé la musique de ce film pour le 100éme anniversaire de "L'art des bruits" de Luigi Russolo (1913-2013).




A voir, bien sûr, du même cinéaste Eugéne Deslaw, le formidable film "La marche des machines" datant de 1927, ainsi que le film muet "Montparnasse" de 1930 (malheureusement introuvable sur le net ces derniers temps), une déambulation poétique et surréaliste dans le quartier de Montparnasse à Paris, où se mêlent quotidien et insolite et se croisent clochards, hommes-sandwichs, saltimbanques et artistes, parmi lesquels Buñuel, Fujita, Marinetti et Russolo. 



"Montparnasse d'Eugène Deslaw est une réussite avant-gardiste, où l'oeil bascule en permanence, nourri d'insolite et de mouvement... Plans obliques, plongées déroutantes sur la fourmilière, vues qui glissent et se chassent. Le spectateur, pris d'un somnambulisme visuel, se laisse guider par l'euphorie des images... Ombres et lumières sont arbitrées habilement et inondent les lignes brisées de tel ouvrage bétonné ou de cette cariatide au dessin sensuel. La caméra se promène entre les tables de La Rotonde et surprend une coquette saupoudrant un nez brillant ou un intellectuel, des révoltes pleines le crayon. On y devine Foujita, la clope élégante, ou Buñuel rêvassant devant des mollets qui dansent... Ateliers d'artistes, foires et brocantes pavent les trottoirs et rappellent les plus belles heures du foyer intellectuel que fut Montmartre."    Gael Le Bellego

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